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Cette semaine : terreurs, troubles et transgressions.
Avec Tobie Nathan, Laure Heinich, François Bégaudeau, Cécile Ladjali et Constance Debré. |

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Tobie Nathan « L'assassin du genre humain » (Stock)
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Le lundi 18 mars 1946, au Palais de justice de Paris, s'ouvre le procès du docteur Marcel Petiot, accusé de vingt-sept assassinats mais dont il est permis de penser qu'il y en eût beaucoup d'autres. Prétendant appartenir à un réseau de résistants et faciliter l'évasion de familles juives, Petiot les dévalisait, les droguait, et les achevait dans le calorifère du 21 rue Le Sueur, où l'on retrouva les traces d'une dizaine de ses victimes. Ce procès ne fut pas seulement celui d'un criminel mystérieux, qui croyait aux forces du mal et à la puissance du Verbe, mais aussi celui d'une époque : la France de l'occupation, des délateurs et des profiteurs. De nos jours, à Paris. Jade, brillante étudiante, prépare une thèse de doctorat en criminologie sous la direction de l'ambigu professeur Nagral : « Personnalité et meurtres du docteur Marcel Petiot (1897-1946). » Jade, possédée par son sujet au point d'avoir des visions du passé comme du futur, est persuadée que Petiot est un idéologue en action, le sismographe d'une époque où la barbarie emporta tout sur son passage. Mais en a-t-on vraiment terminé avec l'horreur ? Est-ce que le passé peut resurgir ? Et les démons revenir hanter nos nuits ?
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Laure Heinich « Avant la peine » (Flammarion)
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Rebecca et Baptiste sont médecins dans un hôpital réputé de la banlieue parisienne. Ils forment un duo d'excellence depuis l'internat, et leur amitié s'écrit au travail comme en dehors. Jusqu'à ce soir où, dans l'intimité de la salle de garde, après avoir sauvé in extremis la vie d'un patient, quelque chose se passe. Quelque chose que Rebecca va nommer «viol» et Baptiste «relation consentie». Rebecca porte plainte, Baptiste dément. Ce sera parole contre parole, la leur et celles de leurs avocats. Mais aussi, autour d'eux, celles de tous ceux que l'affaire éclabousse : leurs familles, leurs amis et le personnel hospitalier. Dans ce roman, Laure Heinich met en scène le doute de façon vertigineuse et, ce faisant, réussit à faire vivre au lecteur l'expérience d'un juré d'assises qui, face à toutes les pièces du dossier, se retrouverait confronté à son intime conviction.
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François Bégaudeau « Désertion » (Verticales)
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Comment Steve passe-t-il d'une petite ville côtière de France à Raqqa, au coeur de la boucherie syrienne ? On ne sait pas bien. Comme on ne sait pas, on raconte. On se lance dans une sorte d'enquête amicale trois décennies durant. Sur la frise de sa vie, on détermine un moment zéro. Les déconvenues scolaires. Les harcèlements divers. L'envie non consommée de plastiquer le collège. L'envie de faire le bien. Et à chacun de ces moments, il y a Mickaël, le petit frère. Ce qui concerne Mickaël concerne Steve, son presque jumeau, et tout est dans le presque.
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Cécile Ladjali « Repentir » (Actes Sud)
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Le monde de Charlotte, comédienne et mère dévouée, s'effondre quand il se heurte à une vérité tragique : derrière l'apparence angélique de son fils, Gabriel, se cache un être envieux et un amant violent, meurtrier de sa jeune maîtresse. Écartelée entre aveuglement et effroyable vérité, c'est par l'expérience théâtrale que Charlotte va démêler le vrai du faux et affronter le mal dans sa double dimension : esthétique et séduisante sur scène ; éthique et insoutenable dans la réalité. Dans l'ombre, une autre mère endeuillée, emprisonnée pour avoir vengé sa fille, exorcise sa propre douleur en portant la mémoire et le repentir de toute l'histoire. Chacune incarne ce que signifie transmettre, perdre un enfant ou porter la faute, mais toutes deux affrontent la même blessure : comment aimer quand le mal surgit au coeur de l'amour ? Dans ce "stabat mater" poignant, tendu entre prière et cri, Cécile Ladjali explore une nouvelle fois le langage - entre théâtre, poésie et confession spirituelle - comme seul espace de salut face à l'inconcevable perte de l'enfant.
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Constance Debré « Protocoles » (Flammarion)
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Il existe des images de guerres, de famines, d'enfants en train de mourir. Il existe des images de la tuerie de Colombine, de l'assassinat de JFK, des avions rentrant dans les tours, des gens qui sautent des tours, des tours qui s'effondrent. Il existe des photos d'otages décapités en Syrie. Il n'existe aucune image d'un homme tué en application de la loi.
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Dans les précédentes émissions |
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Alexandre Jardin « La femme qui inventa l'amour » (Michel Lafon)
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Pourquoi aime-t-on à la folie ? Parce que l'amour fut inventé. Comme le furent le télescope, le grille-pain. Nos émotions les plus intimes - celles qui sauvent de la tiédeur - ne sont pas naturelles. Ce sont des inventions surpuissantes qui façonnent notre c½ur et qui rêvent en nous. Dans un royaume où l'émotion est interdite, la princesse Xi se meurt dans un monde sans poésie. Sa rencontre avec Cheng, rebelle et rieur, fait naître en elle l'étincelle d'un sentiment nouveau. Un amour absolu et contagieux, assez puissant pour défier l'ordre établi.
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Cécile Coulon « Le visage de la nuit » (L'Iconoclaste)
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Depuis qu'il a survécu à une fièvre mortelle, personne n'a vu son visage. Chaque nuit, l'enfant quitte le presbytère où il a été recueilli et s'enfonce dans les bois. Sous la lune, la forêt devient son territoire. Cette vie clandestine le protège du regard des autres. Alors qu'il entre dans l'adolescence, une jeune fille apparaît parmi les arbres. Elle ne ressemble en rien aux habitants de ce village perdu, hanté par des haines ancestrales. Mais elle aussi porte un secret et rêve d'échapper à l'avenir qui lui est promis.
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Timothée de Fombelle « La vie entière » (Gallimard)
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Paris sous l'Occupation. Claire attend son chef de réseau, dont le retard laisse présager le pire. Elle devrait quitter l'appartement. C'est la règle. Mais elle reste et tape à la machine, inventant sa vie avec cet homme qu'elle aime en secret : les baisers sur les toits, l'amour fou, les enfants, la mer, la vieillesse heureuse, et tous les miracles ordinaires d'un temps de paix. Dans l'urgence de cette nuit où l'existence ne tient qu'à un fil, Claire se sauve par les mots et crée sur le papier l'espace d'une vie entière.
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Mélissa Da Costa « Fauves » (Albin Michel)
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Comment s'échapper de sa cage ? C'est l'obsession des fauves mais aussi celle de Tony, dix-sept ans, lorsqu'il rejoint un cirque itinérant après avoir fui la violence de son père. Faire face aux bêtes, affronter ses propres démons... Le nouveau roman de Mélissa Da Costa nous propulse au coeur de l'arène, où l'ivresse du danger fait oublier la mort.
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Michael Dichter « On l'appelait Bennie Diamond » (Éditions Les Léonides)
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Anvers, années 70. Le jeune Bennie Goodman sait que son père Moshé aimerait mieux le voir à la synagogue qu'à fureter dans les ruelles du quartier des diamantaires. Mais c'est plus fort que lui : la prière l'ennuie, le diamant le fascine. Après tout, c'est dans ce secteur que son grand-père Yéhuda a fait fortune, et quoique le patriarche ait coupé les ponts avec son fils et son petit-fils, ce dernier ne peut réprimer sa fascination. Des ateliers de taille aux vastes salles de négoce de la Bourse, Bennie ne renoncera devant rien pour se faire sa place et un nom. Son ascension, pourtant, n'est pas vue d'un bon oeil par les puissants de la ville - pour qui se prend-il, ce gamin sans pedigree, qui vient leur voler ce qui leur revient de droit ?
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