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Le thème de cette semaine: Faut-il rester fidèle à l'enfant qu'on a été ?
Avec Éric-Emmanuel Schmitt, Pascal Bruckner, Laurence Nobécourt, Hugo Lindenberg, Cathy Karsenty et Arundhati Roy. |

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Eric-Emmanuel Schmitt « Juste après Dieu, il y a papa » (Albin Michel)
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« Papa ! », le plus beau mot du monde, celui qui naguère suffisait à effacer tous les tracas. Le petit Wolfgang adore son père, Léopold Mozart, son guide, son modèle, son dieu vivant. Mais vient le temps où l'enfant prodige s'élève plus haut que le maître, et l'admiration se mue en dédain. L'un rompt, s'émancipe, grisé de passions nouvelles ; l'autre souffre, se résigne, cède sa place, contraint d'inventer des liens différents. Un drame silencieux qui, peut-être bien, s'immisce dans toute relation entre père et fils... Avec la grâce du compositeur, Éric-Emmanuel Schmitt fait vibrer le plus déchirant des chants, celui de l'amour filial et paternel quand il est nourri d'un attachement aussi tendre que maladroit, celui de deux êtres que la vie sépare mais que la musique ne cessera jamais de réunir.
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Pascal Bruckner « De mère inconnue » (Éditions Grasset)
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« La littérature est un long message adressé à nos défunts que nous embaumons dans une sépulture de mots »... Douze ans après son best-seller Un bon fils centré sur la figure du père violent, l'auteur nous en offre le pendant féminin : « les fils ratent leur mère. Et plus encore les fils uniques. » Une mère épileptique soumise à son tyran de mari et envahissante pour son fils, un couple toxique, une atmosphère de haine et de coups dans laquelle baigne jusqu'à l'adolescence un fils « dérouillé et choyé en même temps, pris en étau entre une brute vociférante et une névrosée plaintive » : telle est l'équation de départ, décrite sans l'ombre du pathos doloriste qui caractérise les récits familiaux de notre époque. S'opposant violemment à son père, le garçon se noie dans les lamentations de sa mère : « on ne réfute pas un gémissement » ! Cette figure de la mère détermine toute la vie sentimentale du fils: avec chaque femme croisée plus tard, il reproduit malgré lui le schéma parental. Tyran et enfant, ou enfant tyrannique, refusant le « pacte de faiblesse » que sa mère, amoureuse de sa servitude, voulait renouer avec son fils. Lorsqu'il parvient à fuir ses parents et à gagner Paris, l'auteur fait mille métiers pour gagner sa vie : hôte pour des salons, chauffeur de maître, serveur, vendangeur, répétiteur de français et de philosophie, pianiste de bar, gigolo, candidat recalé à des peep-show... jusqu'à ce que l'université lui ouvre les portes d'un nouveau monde (magnifiques portraits de Jankélévitch, Roland Barthes, Gilles Deleuze, Lacan...). Cette mère « ratée », le fils tente de la comprendre à travers les livres qu'elle lisait, les expressions qu'elle utilisait, la vengeance tardive qu'elle a pu prendre sur son bourreau de mari, sa fin de vie misérable... mais aussi à travers la longue enquête qu'il mène pour savoir s'il est vrai, comme le lui a confié son père avant de mourir 13 ans après sa femme, qu'il l'avait « rencontrée en 1942 à Berlin ». Aurait-elle vraiment été volontaire pour partir, en pleine guerre, travailler aux usines Siemens pour le compte de l'Occupant ? Cette « mère inconnue » aurait-elle caché un tel secret à son fils jusqu'à son dernier souffle ? La réponse se trouve dans le livre : « on est toujours surpris d'apprendre ce que l'on pressentait »...
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Laurence Nobécourt « La Petite sauvage » (Grasset)
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« Car la haine est partout qui désarticule notre langue, et le diable lui-même se déplace dans le monde en voiture diplomatique. Je n'ai pas retrouvé la parole perdue, et il n'y aura donc rien d'autre pour nous hisser jusqu'à la haute tendresse que la parole présente, peu importe la vérité, désormais... » Ainsi se livre la « Petite sauvage », l'héroïne, le double d'enfance de Laurence Nobécourt, prise dans une des grandes guerres des familles : la succession. Après le père, c'est la mère qui est morte, laissant trois soeurs blessées, peut-être aussi soulagées : Stella, l'aînée ; Petra, et puis la Petite sauvage elle-même, celle qui depuis toujours écrit, et vers qui tout converge, l'amour, la jalousie, la dépossession. Car il n'y a pas d'équilibre ou de justice, quand il faut répartir les biens, les séparer à jamais - maisons, tableaux, photos, menus papiers, vaisselles : dans ce combat dérisoire et violent, il n'y a plus d'adultes, seulement des histoires d'enfance passionnelles. Stella était la préférée du père, l'adorée-adorée. Petra fut tant aimée de la Petite sauvage, telle une soeur tchekhovienne, vitale et chérie. Et la Petite sauvage, c'est simple : la mère n'en voulait pas. Alors, elle nous raconte : son père, dans les dédales de l'argent et de l'extrême-droite, son oncle, qui l'aima comme il ne faut pas, et tout l'arbre familial, de blessure et de répétition, dans les branches duquel se vivent les souffrances, les rôles, et si peu la joie. Le roman de Laurence Nobécourt nous montre comment la haine des familles, se charriant sur des générations, induit certains paysages politiques. En mêlant histoire intime et sociale, elle clôt, après des années, le cycle familial initié avec La Démangeaison et nous emmène vers la possibilité d'une vie nouvelle.
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Hugo Lindenberg « Les années souterraines » (Flammarion)
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«L'enfance, ce chemin de ronces, je m'en suis extirpé avec tant de hâte. Elle réside tout entière, images, goûts, sensations, entre les parois de cet immeuble du quinzième arrondissement de Paris, chez mon père, où j'ai croupi dix ans, du jour de la mort de ma mère à mes quinze ans. Je n'y pense jamais, mais la nuit je le retrouve en rêve, cet appartement. Il me retrouve. Toujours le même scénario dont je me réveille comme un fugitif traqué, rassemblant quelques objets dans le désordre et sous la menace d'une apparition paternelle. Il n'y a jamais eu aucune photo de moi ici.» Ouvrir la porte de l'appartement honni. Retracer pièce par pièce les souvenirs de ce qui s'est joué jadis avec le père. Puis partir en ayant pris soin de laisser l'enfance là où elle a eu lieu, encagée elle aussi. C'est le rêve, intime et universel, des enfants grandis, un rêve que Hugo Lindenberg met en scène dans une langue somptueuse.
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Cathy Karsenty « La fille de ma mère » (Seuil)
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« Dans l'album, les photos de Claudine la montrent joyeuse, faisant la fête avec ses amies, déguisée d'un uniforme de soldat bien trop grand pour elle, en maillot sur la plage entourée de beaux garçons, sur une route au soleil avec de grosses lunettes noires, se photographiant dans un miroir, joueuse. Une femme affranchie, tel est le portrait que je lui ai composé. Évidemment, quand on ne sait rien on invente n'importe quoi. » Fille unique d'une femme qui a décidé de garder l'enfant plutôt que le père, Cathy Karsenty recompose le drôle de duo qu'elle a formé avec sa mère, au moment où celle-ci perd la mémoire. Un premier roman désarmant de justesse et de grâce.
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Arundhati Roy « Mon refuge et mon orage » (Gallimard)
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Mon refuge et mon orage est une invitation à retrouver toute la puissance romanesque de la grande autrice indienne du Dieu des Petits Riens. Dans ce récit littéraire d'une infinie beauté, Arundhati Roy revient sur son passé : une enfance chaotique dans le sud de l'Inde, son émancipation précoce, le goût de l'écriture, la fulgurance du succès international avec le Booker Prize en 1997, puis la découverte que sa plume peut devenir une arme pour déjouer les injustices et la violence du gouvernement indien. Au fil des chapitres, c'est aussi le portrait de sa mère, Mary Roy, qui prend forme. Une grande âme, généreuse et adulée dans sa région pour y avoir bâti une école, mais qui dans l'intimité s'avérait une mère impitoyable et maltraitante. Toute sa vie durant, elle aura été pour sa fille à la fois son refuge et son orage. Dans ce livre magnifique au style luxuriant, Arundhati Roy nous ouvre les portes de sa vie hors norme et haletante, mêlée à celle d'une figure maternelle redoutable mais qui lui a transmis le goût de la liberté, et la nécessité d'écrire.
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Dans les précédentes émissions |
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Gaspard Koenig « Aqua » (L'Observatoire)
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Après son best-seller Humus, Gaspard Koenig poursuit son exploration romanesque des éléments. Quand Martin Jobard, un enfant du pays devenu haut fonctionnaire à Paris, décide de revenir briguer la mairie de son village normand et de moderniser le réseau d'eau potable, il trouve sur son chemin Maria, la joyeuse et idéaliste tenancière de l'épicerie, qui a écrit une thèse sur les communs et défend la source traditionnelle. La lutte qui s'engage va éveiller, chez les habitants, le pire comme le meilleur. Maria pourra-t-elle changer le cours des choses ? Sur fond de crise de l'eau, Aqua met en scène de manière réaliste et documentée une communauté rurale prise dans des contradictions contemporaines, entre désir d'autonomie, apathie citoyenne, arcanes de la politique locale et tutelle de l'Etat-Providence. Comment gérer des ressources naturelles qui se raréfient ? Peut-on encore « faire village » ? Mêlant mythologies normandes de l'eau et bureaucratie des communautés de communes, maniant à la fois la poésie et l'ironie, Aqua tisse une impressionnante toile de personnages où se mêlent un ministre trop pressé, une naturopathe bouddhiste, un éleveur mélancolique, une préfète amoureuse, un maire philosophe, une hydrogéologue anticapitaliste... Inscrit dans le même terroir qu'Humus et reprenant certains de ses personnages secondaires, le nouveau roman de Gaspard Koenig constitue le second volume d'une ambitieuse tétralogie autour des quatre éléments.
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Simonetta Greggio « Le Souffle de la forêt : Sur les traces de Simona Kossak » (Arthaud)
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Elle s'appelle Simona Gabriela Kossak. Elle n'a que la peau, les os et un nom de famille. Elle est née dans une villa nichée au coeur d'un parc, à Cracovie. Elle est éduquée à ne pas mettre les coudes sur la table lorsqu'elle dîne devant les chandeliers en argent. Plus tard, elle petit-déjeune d'une cigarette et d'un café, un lynx à ses pieds, un sanglier allongé sur le canapé de sa maison sans eau courante ni électricité, au milieu d'une forêt primaire de Pologne, Bialowiea. Un corbeau boit dans son verre en cristal ébréché. C'est une scientifique, une biologiste zoopsychologue. Elle pense qu'elle a toujours raison ou à peu près - et c'est souvent vrai. Elle se bat « comme un animal sauvage intelligent », pour les bêtes, pour la forêt, pour le monde autour d'elle, tout entier. Elle n'a jamais écrit de manifeste : sa vie en tient lieu. Un récit traversé par le vent des futaies et par le souffle de celle qui consacra sa vie au vivant, dans toute sa diversité.
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Bernard Werber « La Voix de l'arbre » (Albin Michel)
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Si les arbres pouvaient s'exprimer, que nous diraient-ils ? Rose, jeune scientifique déterminée, a suivi son compagnon au coeur de la plus ancienne forêt de France. Il veut lui faire partager son émerveillement et sa passion pour un chêne millénaire d'une rare beauté. Mais le spectacle tourne au drame lorsqu'une lourde branche tombe de l'arbre et tue le jeune homme sur le coup. Accusée du meurtre, traquée par la police, Rose décide de fuir, le temps de prouver son innocence. Alors que tout l'accable, une solution, aussi surprenante soit-elle, se dessine : communiquer avec ce grand chêne, témoin du drame. Aidée de Sylvain, botaniste aussi original que génial, elle élabore une machine capable d'une telle prouesse : un Arbrophone. Ce qu'elle va découvrir dépasse de loin le cadre de l'enquête policière... Dans ce suspense haletant, entre aventure, science et passion, Bernard Werber nous révèle un univers merveilleux et nous reconnecte à l'énergie vitale des forêts.
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Jean-Yves Jouannais « Une forêt » (Albin Michel)
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Pendant les grands procès visant à éradiquer le nazisme dans la vie publique allemande, Jacob Michael Lenz, avocat et capitaine dans l'US Army, est appelé par un tribunal pour une affaire hors du commun. Des mainates, des oiseaux parleurs, nichant dans une forêt de Brême, ont appris à chanter des hymnes nazis et les transmettent à leurs oisillons.
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Pauline Peyrade « Les Habitantes » (Les Éditions de Minuit)
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L'histoire se déroule entre la fin du printemps et celle de l'été, dans un hameau et ses alentours, au coeur de collines couvertes de forêts, de champs et de routes. Emily vit seule avec sa chienne Loyse dans la maison héritée de sa grand-mère. C'est là qu'elle a grandi, quand son père est parti fonder une nouvelle famille. Elle y mène une existence en marge, rythmée par les promenades rituelles, les baignades à l'étang, le travail chez Aude dans la ferme voisine. Un jour, des lettres arrivent, lui signifiant la mise en vente imminente de la maison.
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Gisèle Pelicot « Et la joie de vivre » (Flammarion)
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Le 2 septembre 2024 s'ouvre le procès de Mazan et la France découvre le visage de Gisèle Pelicot. Décidée à ce que « la honte change de camp », elle a voulu et obtenu que ce procès soit public. Son courage bouleverse le monde entier à mesure que l'horreur des crimes qu'elle a subis est exposée au tribunal. Depuis le procès, elle qui n'a jamais pris la parole et est devenue un symbole mondial de la dignité des femmes a décidé de raconter son histoire avec ses propres mots. Elle veut transmettre un message d'espoir à tous ceux et toutes celles qui traversent des épreuves, comme à ceux et celles qui l'ont soutenue au cours de ces semaines d'automne 2024. Le récit ciselé et bouleversant qu'elle a écrit avec la journaliste et romancière Judith Perrignon dévoile l'histoire singulière et passionnante ainsi que les ressorts intimes de l'incroyable résilience de cette femme si secrète.
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Michelle Perrot « Les femmes ou les silences de l'histoire » (Flammarion)
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Les femmes font aujourd'hui du bruit ? C'est en regard du silence dans lequel les a tenues la société pendant des siècles. Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu'interroge justement l'historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l'intimité de leurs journaux ou dans leurs confidences distraites, dans les murmures de l'atelier ou du marché, dans les interstices d'un espace public peu à peu investi, les femmes ont agi, vécu, souffert et travaillé à changer leurs destinées. Qui mieux que Michelle Perrot pouvait nous le montrer ? Historienne des grèves ouvrières, du monde du travail et des prisons, Michelle Perrot s'est attachée très tôt à l'histoire des femmes. Elle les a suivies au long du XIXe et du XXe siècles, traquant les silences de l'histoire et les moments où ils se dissipaient. Ce sont quelques-unes de ces étapes que nous restitue ce livre.
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Michelle Perrot, Eduardo Castillo « Le Temps des féminismes » (Le Livre de Poche)
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On ne naît pas féministe, alors comment le devient-on ? Et comment le féminisme est-il arrivé jusqu'à nous ? Une des premières universitaires à enseigner l'histoire des femmes en France au début des années 1970, Michelle Perrot revient avec Eduardo Castillo sur ce qui a construit son engagement et sur les luttes qui agitent aujourd'hui nos sociétés. Cet ouvrage explore l'histoire du patriarcat et des progrès vers l'égalité, mais aussi les grands débats sur le droit à disposer de son corps, l'essentialisme, l'universalisme, MeToo. On y dialogue avec Olympe de Gouges, Hubertine Auclert ou encore Simone de Beauvoir, ainsi qu'avec la nouvelle génération de penseuses et de militantes. Théorique autant qu'autobiographique, Le Temps des féminismes met en perspective les clivages du féminisme contemporain, avec la générosité et la distance d'historienne de Michelle Perrot. Un regard toujours équilibré et bienveillant sur les débats brûlants de notre époque. Libération.
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Michelle Perrot « Mon histoire des femmes » (Points)
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Mon histoire des femmes. " Mon " histoire des femmes est en réalité " notre " histoire des femmes, et des relations entre les hommes et les femmes. Comment changent les apparences, la sexualité, la maternité ? Quand est né le désir d'enfant ? Les histoires d'amour ont-elles une histoire ? Quel rôle ont joué les religions dans la vie des femmes ? Pourquoi l'accès au savoir, à la lecture et à l'écriture, au travail et au métier, a-t-il été si difficile ? Peut-on parler de "révolution sexuelle " dans le dernier demi-siècle ? Celle-ci est-elle le fruit de la modernité ? du désir des femmes ? Quel est le poids des féminismes ? Ce livre, issu d'une série d'émissions diffusées sur France Culture, propose de retracer le combat des femmes pour exister à part entière, à égalité avec les hommes. Un combat aujourd'hui encore nécessaire à mener.
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Collectif dirigé par Camille Froidevaux-Metterie « Théories féministes » (Seuil)
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Des pionnières médiévales de la liberté de penser aux militantes des droits civils et politiques du XIXe siècle, des revendications pour la libération des corps des femmes dans les années 1970 aux propositions intersectionnelles et LGBTQI+ qui élargissent le projet émancipateur ces dernières décennies, le féminisme se caractérise par un foisonnement de théories mises au service d'un projet commun : renverser l'ordre patriarcal du monde. Aux côtés d'une histoire des luttes et d'une sociologie des mouvements bien documentées, Théories féministes éclaire de façon inédite le versant des idées qui les ont fondés et portés. Les 130 articles du volume dessinent ainsi l'immense constellation des concepts, des auteur·ices et des oeuvres qui, des origines jusqu'à nos jours, en allant même un peu vers demain, nous permettent de porter haut le programme féministe dans un contexte politique de remises en cause des droits conquis et d'offensives réactionnaires. Dirigé par Camille Froidevaux-Metterie, le livre réunit une centaine de chercheur·euses, excellent·es spécialistes de leurs sujets, qui écrivent à partir de tous les espaces francophones. Passionnants et accessibles, leurs textes sont destinés à toutes les personnes qui souhaitent mieux connaître les fondements et les ressorts du féminisme.
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Manon Garcia « Vivre avec les hommes Réflexions sur le procès Pelicot » (CLIMATS)
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«Je suis philosophe, je m'intéresse aux rapports entre les femmes et les hommes : après un premier livre sur la soumission des femmes aux hommes, j'ai écrit un ouvrage sur le consentement et les injustices de genre dans la sexualité hétérosexuelle. Je suis aussi une femme de bientôt quarante ans, qui voudrait pouvoir exister dans le monde sans s'inquiéter sans cesse des violences sexistes et sexuelles dont mes amies, mes filles ou moi pourrions être victimes. J'ai vu les changements apportés par le mouvement #MeToo, je vois le backlash masculiniste qui s'efforce de renvoyer les femmes à leur position de deuxième sexe. Lorsque je découvre les crimes commis sur Gisèle Pelicot, je sais que se condensent dans cette histoire toutes les questions philosophiques qui sont les miennes. J'hésite à aller au procès de Mazan. Puis je me rends à l'évidence : il me faut écrire ce procès et l'expérience que j'en fais, comme philosophe et comme femme. Et tenter de répondre à cette question qui me hante : peut-on vivre avec les hommes ?»
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Collectif « Mazan : Anthropologie d'un procès pour viols » (Le Bruit du Monde)
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Pendant un mois, et jusqu'au jour du verdict du procès dit " des viols de Mazan ", un collectif d'anthropologues s'est installé à Avignon pour mener ensemble une enquête ethnographique inédite. Septembre 2024. Le procès de Mazan fait l'effet d'une onde de choc. L'événement judiciaire déborde de l'enceinte du tribunal et résonne dans les familles, les quotidiens professionnels, les relations amicales et amoureuses. Depuis la salle d'audience jusque dans les rues d'Avignon et de Mazan, des anthropologues ont voulu suivre ce procès. Leur enquête a permis de recueillir des centaines de témoignages - de journalistes, avocat·es, membres de collectifs féministes, étudiant·es, personnels de santé, commerçant·es... - offrant un point de vue inédit sur cet événement. Ce livre donne à entendre les échos d'un procès de société et ce qu'ils révèlent des rapports de pouvoir et des relations entre les femmes et les hommes. Un récit incarné, porté par une plume efficace et fluide, qui invite à penser un des moments les plus importants de l'histoire récente de la lutte contre les violences sexuelles. Quatorze chercheur·es en sciences sociales, spécialistes en études de genre, ont participé à cet ouvrage. Le travail d'enquête et d'écriture a été coordonné par Perrine Lachenal et Céline Lesourd (Centre Norbert-Elias, CNRS/Aix-Marseille Université/Université d'Avignon), avec Camille Bègue, Dorothée Dussy, Lucille Florenza, Stéphanie Fonvielle, Riwanon Gouez, Mélanie Gourarier, Fatma Hamdoun, Laurence Hérault, Corentin Legras, Raphaël Perrin, Michelle Salord Lopez et Irène Sériaux.
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