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Cette semaine : Et si on embarquait pour une grande odyssée française ? Une sélection sous le signe du romanesque, de l'érudition et de l'aventure.
Avec Pierre Lemaitre, Marie-Hélène Lafon, Antoine Compagnon, Benjamin Dierstein et Alix de Saint-André. |

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Pierre Lemaitre « Les Belles Promesses » (Calmann-Lévy)
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Tout commence par un incendie, un bébé... et un sanglier. Paris est transformé par des travaux titanesques, le coeur d'un homme est écartelé, le monde rural menacé, des femmes sortent de l'oubli, et les membres de la famille Pelletier, toujours plus proches de nous, marchent inexorablement vers leur destin. Au terme d'un effroyable dilemme moral, ce sera l'effondrement ou l'apothéose. Par bonheur, le chat Joseph veille encore. Passionnant, déchirant, enthousiasmant. Après l'immense succès du « Grand Monde », du « Silence et la Colère », et d'« Un avenir radieux », Pierre Lemaitre clôt avec « Les Belles Promesses » sa plongée mouvementée et jubilatoire dans les Trente Glorieuses.
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Marie-Hélène Lafon « Hors champ » (Éditions Buchet Chastel)
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Gilles est le fils, celui qui devra tenir la ferme. Claire, la soeur qui n'est pas concernée par cette décision, prend la tangente au fil des années grâce aux études. La ferme est isolée de tous. C'est le royaume du père qui donne libre cours à sa violence. "Hors champ" traverse cinquante années. Dix tableaux, dix morceaux de temps, détachés, choisis ; le lecteur y pénètre tantôt avec elle, Claire, tantôt avec lui, Gilles. L'auteure fait alterner ces points de vue, toujours à la troisième personne, en flux de conscience.
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Antoine Compagnon « 1966, année mirifique » (Gallimard)
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«L'année des cheveux longs et de la minijupe», résume le journal rétrospectif des Actualités françaises le 27 décembre 1966. Sommet des Trente Glorieuses, arrivée des enfants du baby-boom à l'âge adulte, début d'une révolution accélérée des moeurs et entrée dans la société d'abondance, 1966 a été une année tournant sur de nombreux fronts - démographique, économique, politique, social et culturel. C'est à restituer le tissu de ses jours que s'attache cette enquête profondément novatrice où se croisent, entre marée structuraliste et Nouvelle Vague, Georges Perec, Michel Foucault, le briquet jetable, André Malraux, les livres de poche, La Grande Vadrouille, la microcassette Philips, ainsi que Marguerite Duras, Aragon, Jean-Luc Godard, Roland Barthes et bien d'autres. Il y est question de choses et de mots, de sons et d'images, mais encore d'histoire et de sociologie, de cinéma et de télévision, de poésie et de musique, de révolte aussi - deux ans avant Mai -, et de mémoire, avec le débat sur les camps d'extermination. Il n'en faut pas moins pour recomposer cet incendie prodigieux qui marque un seuil entre deux époques.
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Benjamin Dierstein « 14 juillet » (Flammarion)
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Juillet 1982. Les attentats à répétition opérés par Carlos et les services syriens sur le sol français poussent François Mitterrand à s'entourer d'une cellule anti-terroriste composée des plus fins limiers du GIGN, de la PJ et des RG. L'inspectrice Jacquie Lienard va profiter de cette opportunité pour grimper dans la hiérarchie auprès de l'Élysée et s'assurer une place de choix au sein de la lutte contre les groupuscules pro-palestiniens, Action directe et le FLNC. Tout comme Marco Paolini depuis la DST et Robert Vauthier depuis la DGSE, elle traque une ancienne moudjahida du FLN qui répond au nom de Khadidja Ben Bouazza et qui n'est autre que la supérieure directe de l'ex-policier Jean-Louis Gourvennec, devenu convoyeur d'explosifs pour l'extrême gauche révolutionnaire. Au gré des scandales qui secouent la Mitterrandie, des crises successives au sein de Beauvau et de la montée fulgurante de l'extrême droite, tous se dirigent vers un seul point de mire qui leur permettra enfin de découvrir la vérité sur Geronimo et Khadidja Ben Bouazza : Beyrouth. Ce chemin de croix sera aussi celui de la perte de leurs dernières illusions. Le troisième tome d'une saga historique entre satire politique, roman noir et tragédie mondaine, dont les personnages secondaires ont pour nom François Mitterrand, Christian Prouteau, Paul Barril, Charles Pasqua, Gaston Defferre, Jean-Marie Le Pen, Alain Orsoni, Carlos et Jacques Vergès.
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Alix de Saint-André « Cadre noir » (Gallimard)
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«J'étais de nouveau enfant dans ce bureau qui ne ressemblait pas du tout à celui de mon père, mais cet homme exerçait la même fonction que lui et je voulais lui dire ça, que les écuyers pleurent quand ils perdent un cheval ; les écuyers de ce temps-là aussi, même si les hommes ne sont pas censés pleurer. Je voulais lui dire ça. Et lui donner la recette du cocktail Dubonnet ! Il y a des priorités dans la vie.» En 1972, au sommet de sa gloire, le colonel Jean de Saint-André, écuyer en chef du Cadre noir de Saumur, est renvoyé du jour au lendemain sans explication. Que s'est-il passé ? Sous la forme d'un journal enlevé et vivant, Alix mène l'enquête, explore son courrier, ses archives personnelles, la presse régionale, rencontre les protagonistes... Plongée dans les années Pompidou, elle fait de drôles de découvertes. On retrouve avec plaisir la verve d'Alix de Saint-André dans ces pages consacrées à son père, à ces hommes et à ces femmes qui font danser les chevaux.
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Dans les précédentes émissions |
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Maxime Chattam « 8,2 secondes » (Albin Michel)
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8,2 secondes : C'est le temps qu'il faut pour tomber amoureux. C'est le temps qu'il faut pour mourir. May et Constance ne se connaissent pas. Mais un même secret les relie. Et les menace. Un thriller psychologique envoûtant entre New York et les grands lacs de la frontière canadienne. Maxime Chattam nous entraîne dans un suspense Hitchcockien impossible à lâcher.
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Benjamin Lacombe « La Petite fille aux allumettes » (Albin Michel)
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C'est le tout dernier soir de l'année, celui du Nouvel An. Une petite fille arpente les rues, tête nue, pieds nus. Personne na voulu acheter ses allumettes. Pour se réchauffer, elle les craque une une, et chaque flamme lui procure une vision de bonheur : un festin sublime, un sapin de Noël richement décoré, des bougies qui se transforment en toiles... jusqu'au doux visage de sa grand-mère qui n'est plus. Avec l'extrême délicatesse et la poésie de ses illustrations, Benjamin Lacombe nous raconte l'histoire bouleversante de la petite fille aux allumettes de Hans Christian Andersen.
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Benjamin Lacombe « Gatsby le Magnifique » (Papillon Noir - Gallimard) |
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Chef-d'oeuvre de la littérature américaine, Gatsby le Magnifique devient, sous le pinceau de Benjamin Lacombe, une fresque visuelle d'une rare intensité. L'élégance fiévreuse de Fitzgerald s'incarne dans des images où l'or et l'ombre valsent au rythme du jazz. À travers les yeux de Nick Carraway, jeune narrateur désabusé, se dessine le portrait du mystérieux Jay Gatsby, millionnaire romantique. Son amour absolu pour Daisy, ses fêtes flamboyantes et son destin brisé révèlent les illusions perdues de la génération des Années folles, entre faste et vertige. Benjamin Lacombe magnifie ce roman culte avec des illustrations d'une force dramatique rare : silhouettes élancées, décors Art déco, paysages intérieurs aux teintes crépusculaires. Chaque image prolonge l'ambivalence du texte - entre éclat et désillusion, rêve et mensonge. En miroir, une narration graphique retrace le destin de Zelda et Scott Fitzgerald, amants terribles et reflets poignants de leurs avatars littéraires : Daisy Buchanan et Jay Gatsby. Pensée comme un objet d'exception (avec un dépliant sculpté), cette édition explore les failles d'un monde fasciné par la richesse. Un conte moderne aux reflets d'or et de nuit.
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Laurent Mauvignier « La Maison vide » (Minuit)
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Lauréat du prix Goncourt 2025, l'auteur raconte l'histoire de sa maison familiale. En 1976, mon père a rouvert la maison qu'il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans. À l'intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d'honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux. Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d'elles. Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J'ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
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Laurine Roux « Trois fois la colère » (Éditions du Sonneur)
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Aux confins des Alpes, à l'époque médiévale, une histoire qui s'empare de quelques-unes des questions qui taraudent notre modernité : la domination masculine, le hiatus entre la justice et la vengeance. À quoi s'ajoute ce personnage central de toute l'oeuvre de Laurine Roux : la nature, souveraine, promesse de refuge, immuable symbole de l'amour, de l'espoir et de la révolte. Aux confins des Alpes, à l'époque médiévale. Hugon, seigneur de Bure, être cruel et tyrannique, marque son temps et sa lignée au fer rouge avec la bénédiction de l'Église. Encore adolescent, il n'hésite pas à accuser un innocent afin de couvrir un crime que lui-même venait de commettre. Un simulacre de procès conduira le pauvre homme au bûcher, où il brûlera sous les yeux de Gala, sa fille à la beauté irradiante. De ce jour, recluse dans les bois de Bénévent, Gala s'ensauvage. Un jour, Hugon la soumet. De ce viol naissent trois enfants. Chaque nourrisson porte au cou la marque du seigneur de Bure, un coquelicot cousu à même la peau. L'accoucheuse confie Reine à Clarisse de Bure, épouse du seigneur, qui se croit stérile, et abandonne Éphraïm, garçon aux yeux vairons, sur le seuil d'un prieuré où un bénédictin l'élèvera comme son fils. Quant à la troisième nouvelle-née, laissée pour morte, elle sera l'idiote, l'attardée sublime, surnommée Mange-Ciel. Tout en remontant la généalogie de cette histoire de pouvoir, de vengeance et de justice au temps du Moyen-Âge, Trois fois la colère s'empare de quelques-unes des questions qui taraudent notre modernité : la domination masculine, le hiatus entre la justice et la vengeance, la tension entre l'empire du passé et les identités à inventer. À quoi s'ajoute ce personnage central de toute l'oeuvre de Laurine Roux : la nature. La nature toujours souveraine, toujours promesse de refuge, immuable symbole de l'amour, de l'espoir et de la révolte.
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Clara Dupont-Monod « La confrontation » (Albin Michel)
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Emile, négociateur du GIGN, doit intervenir lors d'une prise d'otage, dans une école maternelle. Une situation presque banale pour lui, à ceci près : le forcené prétend s'appeler Elon Musk. Après le succès de S'adapter, prix Goncourt des Lycéens et prix Femina 2021, Clara Dupont-Monod nous offre un texte haletant, conçu comme une joute médiévale. Une farce triste, qui rappelle aussi la sacralité du verbe.
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Lydie Salvayre « Autoportrait à l'encre noire » (Robert Laffont)
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Un autoportrait clairvoyant, où la littérature paraît comme le seul pays qui compte. Sensibilité, générosité, drôlerie nourrissent le baromètre intérieur d'une de nos plus grandes romancières contemporaines. J'écris parce que je ne sais pas parler. De cela, je suis sûre. Ou peut-être que Lydie Salvayre ne peut pas parler. Dans cet autoportrait qui joue avec le genre, elle interroge son goût de la solitude et les racines de son allergie aux codes sociaux. Sensibilité, générosité, drôlerie nourrissent le baromètre intérieur d'une de nos plus grandes romancières. Et derrière son humour canaille, elle dessine les paysages du seul pays qui compte à ses yeux, celui de la littérature.
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Pierre Arditi « Le souvenir de presque tout » (Le Cherche Midi)
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Mémoires inédites d'un des comédiens français les plus populaires. " Pendant des années, j'ai couru derrière un type qui me ressemblait et que je tentais vainement de rejoindre. Parfois, arrivant à sa hauteur, il me regardait, m'adressait un petit sourire ironique comme on décoche une flèche, puis accélérant, me laissait sur place, spectateur de ma propre défaite. Ce petit bonhomme et son sourire énigmatique semblaient me faire savoir que je courais derrière "ce devenir de moi' dont j'ignorais tout mais qui, un jour ou l'autre, finirait bien par se trouver... " Pierre Arditi se raconte ici par petites touches, faisant resurgir les souvenirs comme autant de motifs composant une mémoire d'ensemble. Nous connaissions son grand talent de comédien, nous découvrons un homme de plume.
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Alfred de Montesquiou « Le crépuscule des hommes » (Robert Laffont)
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Nuremberg, 1945 : un procès fait l'Histoire, eux la vivent. Un roman vrai, qui saisit les sursauts de l'Histoire en marche. Chacun connaît les images du procès de Nuremberg, où Göring et vingt autres nazis sont jugés à partir de novembre 1945. Mais que se passe-t-il hors de la salle d'audience ? Ils sont là : Joseph Kessel, Elsa Triolet, Martha Gellhorn ou encore John Dos Passos, venus assister à ces dix mois où doit oeuvrer la justice. Des dortoirs de l'étrange château Faber-Castell, qui loge la presse internationale, aux box des accusés, tous partagent la frénésie des reportages, les frictions entre alliés occidentaux et soviétiques, l'effroi que suscite le récit inédit des déportés. Avec autant de précision historique que de tension romanesque, Alfred de Montesquiou ressuscite des hommes et des femmes de l'ombre, témoins du procès le plus retentissant du XXe siècle. Un roman vrai, qui saisit les sursauts de l'Histoire en marche.
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Claude Alain Arnaud « Monsieur Mouche » (Le Dilettante)
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Il y a ceux qui ne feraient pas de mal à une mouche et ceux qui persécutent monsieur Mouche. Un bataillon de nuisibles gravite autour du pavillon de banlieue de ce prof de lettres qui, depuis quarante-deux-ans, courbe l'échine. À sa droite, Richard Comte qui violente femme, enfants et Mouche, dès lors que ce dernier se pique d'héroïsme. À sa gauche, Thomas Fabri qui s'emploie à massacrer la sérénité du quartier et le répertoire d'AC/DC. Face à lui, dans une salle de classe du lycée Albert-Camus, Rémy Pastre, qui achève sa puberté et le reste d'amour-propre de son professeur. Faut-il éprouver de la peine lorsque le mauvais sort vient frapper ces infectes protagonistes? Claude Alain Arnaud flatte vos pulsions vengeresses et manipule les forces karmiques pour devenir le justicier des bredouilleurs aux mains moites dans un premier roman réjouissant.
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Mathilda Di Matteo « La bonne mère » (Éditions de l'Iconoclaste)
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800 km : c'est la distance qui sépare Clara de Véro, sa mère, depuis qu'elle a quitté Marseille pour faire des études brillantes à Paris. Ce week-end, pour la première fois, Clara rend visite à ses parents accompagnée. Raphaël est avec elle. Raphaël et ses gestes feutrés, son élégance naturelle, son pedigree bourgeois. À ses côtés, Clara gomme les rondeurs de son accent, lisse ses émotions, cache les photos de sa mère en veste léopard et jupe à strass. Mais l'illusion ne tiendra pas. Dans quelques minutes, il va comprendre. Il va la voir. Véro. Un girafon. C'est ce que pense Véro quand elle aperçoit Raphaël et comprend immédiatement qu'elle ne va pas l'aimer. Avec son dédain, ses mots compliqués pour rien et sa bouche fermée comme une huître. Comment est-ce qu'elle a pu tomber amoureuse de ça, ma minotte ? Voici la preuve qu'elle attendait : elle n'aurait jamais dû la laisser monter à Paris. Tout au fil du roman, mère et fille se cherchent, se fuient, se blessent sans jamais oublier de s'aimer. Comment être une bonne mère quand notre enfant nous échappe ? Comment être une bonne fille quand on a honte de celle qui nous a tout donné ? Comment s'affranchir sans trahir ?
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